Valin'ompa MERINA ho an'ny VAZAHA faratay! *


 

Aux Vazaha mpandoro-rova (anti-merina),

      Je suis le nommé Andriantefinanahary, de race malaise et de nationalité merina, et je n'ai jamais fréquenté non plus ce S.C.Malagasy, dissuadé d'emblée par son intitulé agressif et méprisant. Je ne pouvais donc savoir que l'on y débat sournoisement de mes propos, dans des termes ne relevant ni plus ni moins que de l'injure, jusqu'à ce que le hasard n'en rapporte jusqu'à moi l'écho. Cela ne m'a guère cependant surpris, ne connaissant que trop bien le procédé caractéristique des Vazaha malgachistes.

      Après tout, de vous-mêmes, ne nous aviez-vous pas couvert d'injures depuis maintenant plus de trois siècles, sans nous avoir jamais permis d'y répondre ! Sans compter que ce n'est rien du tout par rapport à deux siècles de traite négrière, un siècle d'agression lâche et gratuite, suivi d'un autre siècle d'asservissement colonial (jusqu'à maintenant !), la profanation cynique de nos cimetières, l'assassinat par milliers de nos jeunes gens en en faisant des chairs à canon dans des guerres aussi injustes qu'imbéciles, l'accaparement du discours nous concernant, la programmation pure et simple de la disparition de notre race, etc. J'en passe pour ne pas saturer ce serveur de l'interminable énumération de vos crimes.

      Et je dois même dire que je me félicite un peu de cette occasion qui m'est enfin offerte de pouvoir expliquer également à des malgachistes ce que veut dire mangaron-biby an-davaka et ce qu'il en coûte de subir un petit effet de lolom-po kovalahy contenu depuis un siècle ! Et d'autant plus que nous sommes en janvier 1897 (enfin, 1997 ! Mais en ce moment, je suis tout pénétré par l'esprit de Rabozaka contre ceux que les Menalamba qualifiaient de "faratay" !), et que le prétexte d'intervention fait suite à un différent entre Merina et Malagasy !...

      Mais, comme à l'habitude, les Vazaha ne pouvaient évidemment s'empêcher d'y fourrer leur gros nez. Et après tout, cela se comprend puisqu'il est question de l'avenir de leur petite créature, le "malagache". C'est vrai, quoi ! Qu'est-ce qu'il adviendrait donc des malgachisants si le Malagasy retournait au néant d'où ils l'ont fait sortir pour servir leurs on ne peut plus contestables intérêts ?

      En tout cas, pour en venir au fait, le Vazaha estime qu'en révélant à mes frères et soeurs merina que l'ennemi nous a tous balancé de sa merde malgachiste sur le visage, je les insulte ! Pour moi, cela s'appelle tsy mijery harina an-tava et manatrika adidy mba hiaro ny voninahitry ny firenena merina voahosihosy. Mais lui, il aurait évidemment aimé que l'on continue à subir sans réagir, sinon pour remercier la Reny Malala de sa "sollicitude" à nous asservir, à nous défigurer selon sa seule convenance. Ce n'est donc que l'affligeante histoire du maître qui défend à son esclave de secouer sa chaîne, en essayant de l'intimider par des phrases du genre : "Qu'est-ce que tu es stupide ! Tu ne comprends donc pas que c'est pour ton bien ! Qui veillera sur ton sort une fois que tu seras libre" ?

      Et pour se conformer à l'air du temps, dans le même registre des petites intimidations, nous avons ensuite la pitoyable accusation de "racisme". Le piétiné, l'enchaîné, l'enterré vivant qui ose enfin redresser la tête pour répondre à son impudent tortionnaire ne serait lui-même qu'un sale "raciste", autrement dit, pour l'offenseur, une ordure et un crétin, sinon un criminel inamendable ne méritant que le lynchage !

      Car il faut bien comprendre que ce terme et ses significations éventuelles n'appartiennent en fait qu'au seul fantasme de l'antiraciste. Se verrait ainsi promptement accuser de "racisme"celui que l'auto-proclamé "antiraciste" veut injurier à mort pour des raisons ne relevant que de son imaginaire trouble, ainsi surtout que pour la préservation de ses petits intérêts qu'il n'a pas toujours le courage d'avouer. Et comme par hasard, ceux-ci se réduisent le plus souvent à la défense des empires et des positions acquises (dans le cas français, antiracisme rime ainsi parfaitement avec colonialisme !), lorsque ce n'est pas tout simplement la volonté sournoise de s'incruster à l'intérieur d'une autre communauté enviée qui le rejette pour préserver sa propre intégrité !...

      Pour le côté psychiatrique de la chose, je m'en remets donc aux spécialistes de la santé mentale (sady izay moa "tsy miady amin'adala" rahateo koa !) et me contenterai de relever combien décidément l'ennemi est à court de ressource intellectuelle ! Eh bien Vazaha, on en est donc réduit aux expédients ! Qui espérez-vous donc impressionner avec de pareils "arguments" ? Même les poissons à qui on essayerait d'exposer de telles inepties se mettraient sans doute à hurler d'écoeurement !...

      Et non seulement ce qui vous semble tenir lieu de "construction idéologique" est d'une misère affligeante mais votre connaissance de Madagascar ne vaut guère mieux. Me refusant à vous servir de professeur pour des sujets qui ne concernent que mon peuple, je n'ai évidemment aucune raison de corriger vos insanités et vous laisserai le sourire aux lèvres vous vautrer dans votre crasse ignorance. Malheureusement, certains des miens, encore mal avertis risquent d'en être abusés, et cela, je ne saurais l'accepter passivement. Sans compter que certaines affirmations semblent carrément insultantes - décidément ! - pour l'oeuvre de nos souverains et la nature de notre royaume.

      Rappelons donc pour la circonstance que l'une des lois fondamentales du royaume merina était l'interdiction formelle de ce qui était qualifié de manao valabe an'Imerina ou mandry amin'andevo, un crime contre-nature assimilé à de l'inceste ou à de la zoophilie. Et une autre celle énonçant : Ny olomainty tsy manolotra an'Imerina. En fait, pour les souverains merina, les Noirs, même libres, étaient par-dessus tout des étrangers d'une autre nature, avec qui on peut éventuellement contracter des liens d'amitié mais en aucun cas des gens avec qui il est possible de mêler son sang. A tel point qu'Andrianampoinimerina, pour qui déjà c'est le fomban'ny andevo no mandevona, trouva indispensable d'empêcher les enfants merina de trop fréquenter les enfants des Mainty pour éviter tout risque de dérapage. D'ailleurs, le prétexte qui a décidé Ranavalona à interdire la pratique du christianisme parmi ses sujets n'était-il pas justement l'affirmation outrageante comme quoi elle-même (représentant alors les Merina) et les Masombika (africains) pourraient être issus des mêmes ancêtres, tant bien même dénommés Adam et Eve!...

      Sans doute, il eut bien cette malheureuse affaire du mariage politique de Radama avec Rasalimo mais c'est là une exception ne s'expliquant que par l'influence exercée sur le jeune roi par ses irresponsables conseillers européens qui ont dû prendre la sakalava pour une autrichienne.[50] D'ailleurs, les notables merina eux-mêmes n'ont jamais voulu cautionner cette ignominie comme le montre ensuite leur réaction brutale face à l'hypothèque soulevée par les prétentions autour de Raketaka et de Rabobalahy.[51]

      Quant aux "conseillers" antemoro enfin, mettons les choses au point. Il ne s'agissait en réalité que de quelques scribes faisant à l'occasion office d'astrologues surnuméraires ou d'agents diplomatiques pour des services ponctuels. C'est dire qu'on est loin de l'idée comme quoi, les souverains merina avaient besoin du conseil des Noirs (ou d'ailleurs aussi des Blancs !) pour diriger leur royaume. Cela dit, ils pouvaient évidemment se servir à l'occasion de leur contribution, comme de celle de tout un chacun, mais toujours en les considérant comme des exécutants, de simples instruments à la disposition du pouvoir.

      Alors, arrêtez de prendre les gens pour des "malagasy"comme aurait pu dire en la circonstance R. Drury ![52]

      Mais je sais que c'est là trop demander à des malgachisants ! Autrement, à quoi pourraient-ils donc servir ? Si bien qu'en attendant que l'espèce achève de s'éteindre (ce qui ne saurait tarder !), il va falloir que nous continuions à en supporter la sénile agitation.

      Ainsi, ânonne toujours le Vazaha de service, désormais affublé d'un masque ridicule d'anticolonialiste à la mode du "politiquement correct", ce serait un certain "le colonisateur"qui est responsable de bien de nos problèmes. Eh bien là !...

      Non môssieu ! Ce n'est pas ce "colonisateur" qui nous a envahi, asservi, humilié, affamé, torturé, massacré, piétiné, cannibalisé. C'était la France !

      Ces monstres assoiffés de sang, de pillage et de destruction étaient des Français typiques répondant à des noms comme Galliéni, Metzinger, Mamadou, Ali ou Dumont. Ils brandissaient un drapeau tricolore bleu-blanc-rouge, bêlaient La Marseillaise (vous savez, ce machin avec : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons !...") et aboyaient "Feu!" pour fusiller nos héros et nos martyrs !

      De même, ce n'étaient pas de quelconques "pyromanes racistes" qui ont incendié Anatirova et les tombeaux de nos saints, c'étaient des Malagasy, conditionnés de longue date par leurs maîtres français pour exécuter leur sale besogne. N'est-ce pas d'ailleurs VOUS autres Vazaha qui avez commencé à profaner, à désacraliser de manière systématique tout ce qui pouvait avoir de la valeur aux yeux des habitants de ce pays ? N'est-ce pas vous qui avez chassé par l'arbitraire le plus total les Merina du gardiennage de ces lieux, au point même de leur en interdire ensuite l'accès cinquante ans durant ?

      N'espérez donc pas vous en tirer à si bon compte. Jamais vous ne pourriez faire croire que la destruction d'Anatirova résulte d'un simple accident dû à la malveillance de quelques individus dévoyés par un épouvantail idéologique dénommée "racisme" ! A moins évidemment que ce ne soit là de votre part qu'une façon machiavélique d'achever ce que vous avez commencé en essayant d'empêcher à jamais les Merina de se relever. Car non seulement ils deviendraient alors les victimes que personne ne plaindra mais également les coupables à sanctionner puisque c'est à cause du "racisme" que tout cela a pu arriver. Par conséquent, il ne leur restera plus qu'à cesser eux-mêmes d'être "racistes" en se livrant pieds et poings liés à ceux qui souhaitent leur perte !...

      Eh bien non, la ficelle est cette fois-ci bien trop grosse ! Rien ne pourra donc nous empêcher de clamer à la face du monde que cet acte d'une horreur absolue, valant bien pour nous les chambres à gaz et les machettes hutu, constitue l'aboutissement logique d'une politique délibérée d'anéantissement de tout un peuple. Et cette politique, c'est la France qui en est entièrement la responsable, et qui continue toujours d'ailleurs à en assurer l'exécution, par l'intermédiaire notamment des malgachisants et de ses "coopérants", sous prétexte de contribuer à la lutte contre le sous-développement. Autant dire que les Malagasy eux-mêmes n'ont ici servi que de fidèles continuateurs, sinon d'hommes de main.

      Alors, même si cela vous est particulièrement difficile, étant donné vos habitudes nationales, essayez au moins d'avoir un semblant de dignité et le courage d'assumer vos oeuvres et votre nature ! Peuple d'esclavagistes, de négriers, d'assassins, de cannibales assimilationnistes, de profanateurs officiels de cimetières, de génocidaires, de guillotineurs à la chaîne, de terroristes, de tortionnaires, de mégalomanes de bas étage, de destructeurs de monuments, de maniaques de la bombe atomique, de pyromanes, de prostitueurs de polynésiennes, de violeurs, de pilleurs, de malgachiseurs...

      C'est donc si dur à porter ? Il y en a eu d'autres, vous savez. Encore que dans le lot, il faut quand même reconnaître que, pour une fois, les Français peuvent vraiment prétendre occuper le haut du podium. Et d'autant plus que vous êtes sans doute les seuls à oser ensuite vous poser en modèles censés être vertueux d'universalisme, de droit-de-l'hommisme, d'humanitarisme, d'antiracisme. Et cela, sans même avoir tenté de vous amender, en commençant déjà par reconnaître vos crimes.

      Mais le Merina que je suis est parfaitement bien placé pour savoir qu'il n'y a de toutes façons rien à espérer d'un peu noble de la part des Vazaha, de quelque bord qu'ils puissent être. Ni d'ailleurs aussi la moindre cohérence intellectuelle. Autrement on n'entendrait pas de leur part des propos aussi franchement débiles, indignes du plus crétin des hommes que celle prétendant que toute affirmation idéologique merina ne pourrait être inspirée que par l'extrême-droite occidentale. J'ai beau savoir que l'aveuglement nombriliste, sous couvert de prétention universaliste, est inséparable des élucubrations antiracistes franchouillardes, je n'en suis pas moins surpris et m'attends aussitôt à entendre brailler quelques vieux slogans éculés dans le genre : "Le fascisme ne passera pas !....".

      Encore que tout cela est d'un tel ridicule que, finalement, le mieux est encore de n'y prêter aucune attention. Pourquoi s'inquiéter des aboiements d'un chien contre la lune? Continuez donc si cela vous chante à vous imaginer qu'Andrianampoinimerina avait pour livre de chevet Mein Kampf et que tous les rois Merina depuis Andrianerinerina étaient des électeurs du Front National.

      Du reste, je me dois aussi de constater au passage que dans ce newsgroup, ce n'est pas seulement au sujet de l'histoire ou de la civilisation merina que l'on se gargarise d'inepties mais également des langues dénommées "austronésiennes"par les colonisateurs blancs. Voyez-vous cela, des malgachisants qui se mettent cyniquement à lorgner du côté de l'Asie pour mieux conclure que les "Malagasy" sont vraiment des créoles afro-asiatiques ! Après s'être acharnés à fermer Madagascar à l'Asie du Sud-Est depuis un siècle, les malgachistes poussent maintenant l'impudence jusqu'à essayer de s'interposer dans l'espoir de contrôler tant bien que mal l'inévitable redécouverte de leurs racines par les Merina.

      Ce n'est plus de l'acharnement, c'est de la malveillance pure et simple, du sadisme, de la folie furieuse !

      Heureusement encore que tout cela vole tellement bas, à partir d'un niveau de savoir d'une médiocrité telle qu'il n'y a aucune raison de s'en inquiéter. Mais il n'empêche que le scandale a assez duré et il est vraiment temps que les Merina fassent enfin entendre leur voix pour reprendre partout possession de ce qui leur appartient en premier lieu.

      Qu'on se le dise donc une bonne fois: à Madagascar, tout ce qui concerne le monde nusantarien relève d'abord de nos prérogatives et, science ou pas, aucun étranger à notre race, qu'il soit Blanc, Jaune, Noir ou violet ne dispose du droit de nous servir de mentor en la matière. Ici également, il nous faudra décréter :

      Ny Vazaha tsy manolotra ny Merina !

      Je sais bien que, forts de leurs moyens financiers et de leurs plus grandes disponibilités universitaires, les riches ambitionnent d'exercer une sorte de droit d'"ingérence culturelle" tous azimuts, en particulier chez les pauvres, incapables de s'en défendre. Mais une douloureuse expérience nous a appris que savoir c'est pouvoir. Or, le pouvoir que l'on s'octroie sur autrui relève de la domination, de l'usurpation pure et simple et, de cela, nous ne voulons plus jamais en faire les frais. Sans compter que nous en avons assez de mendier aux érudits étrangers de nous diffuser un peu de leur "science" concernant notre propre culture, au sujet de laquelle ils professent justement avec condescendance que nous-mêmes n'en savons pas grand chose ! C'est de notre culture et de notre histoire que dépend notre identité, et donc notre vie, notre destin. Comment avez-vous pu alors vous imaginer que vous pourriez vous en rendre maîtres innocemment, et surtout indéfiniment !

      Par conséquent malgachistes (à moins qu'il ne faille dorénavant vous qualifier seulement de "malgaches" ; après tout, ce terme vous revient entièrement !), je peux vraiment vous dire en ce moment du centenaire de la destruction de notre royauté et de la profanation de nos sanctuaires que, pour ce qui est de Madagascar même, il va falloir changer vos habitudes. Le temps des pauvres "malagasy" à qui on s'adresse avec condescendance comme à des enfants ou à des demeurés est définitivement révolu.

      Car désormais, pour ce qui concerne nos affaires, c'est à notre tour de faire entendre notre voix ! Cette voix que l'on a toujours voulu étouffer, avant même qu'elle ait pu s'exprimer. La preuve, jamais, pour ainsi dire, personne de l'a entendue à l'étranger. Des Malagasy, ânonnant ce que leurs maîtres vazaha leur ont inculqué, oui. Mais en aucun cas des Merina, s'exprimant en tant que tels, en tant que représentants conséquents de la nation merina.

      Et comme les Vazaha nous ont accaparé plus de trois siècles de temps de parole, tout en s'en servant pour nous couvrir d'injures, alors même que nous ne leur avons jamais rien fait, on peut dire qu'ils nous doivent un très long temps de silence. Au moins trois siècles, sans compter les intérêts éventuels en dédommagement pour nos pertes. Autrement, il n'y a plus de justice et reconnaissons que seul compte véritablement la loi du plus fort, ce qui nous obligera à envisager nous-mêmes la perspective de la vengeance.

      Alors Français, face à des Merina, il ne vous reste plus dorénavant qu'une seule chose à faire : BOUCLEZ-LA ! Vous n'avez plus droit à la parole.

      Des siècles durant, on n'a entendu que vous. Vous pouviez tout dire, tout faire et vous en avez profité sans restriction ni retenue. Jamais, un seul contradicteur indigène n'a pu véritablement se faire entendre en face de vous. Et le résultat, il est là sous nos yeux, accablant. Vous nous avez détruit sauvagement notre culture, corrompu notre langue, saccagé la totalité de nos patrimoines, tripoté la perception de notre propre histoire pour servir vos seuls intérêts, au point maintenant de la rendre confuse et insensée jusque devant nos propres yeux. Avec le plus grand cynisme, vous nous avez même imposé une appellation injurieuse selon votre seule fantaisie. Et pour finir, vous nous avez voué à la disparition pure et simple, nous enterrant vivant sous un tas d'immondices !...

      Alors, qu'est-ce que vous demandez de plus ? Nous achever au plus tôt et tenter ensuite de faire disparaître toutes traces du cadavre ?... D'ailleurs, il est manifeste que vous n'avez plus rien à dire qui vaille la peine d'être entendue. Même en matière de technologie moderne, on peut parfaitement se passer de vos minables contributions que d'ailleurs, escrocs comme vous êtes, vous faites toujours payer au dessus de leur valeur. A plus forte raison alors au sujet de la culture ou des sciences humaines où nous disposons de toutes les raisons du monde, non plus de nous méfier mais carrément de rejeter en bloc vos impudentes prétentions. Sans compter donc que votre savoir nous concernant est, de toutes façons, foncièrement illégitime et représente pour nous, autant une injure qu'un danger mortel. C'est simple, aucun Vazaha n'a le droit de se prétendre devant nous, "spécialiste des Merina" ou des "austronésiens de Madagascar", à moins de reconnaître par là même qu'il usurpe une fonction qui nous revient en propre, et dont dépend notre dignité et notre vie ! A tel point que même le Merina le plus ignare, sourd-muet de naissance, possède au fond plus de légitimité à parler des problèmes merina que le plus savant de tous les érudits vazaha de la terre !

      En d'autres termes, vous n'avez plus rien à nous apprendre de vous-mêmes, rien à nous communiquer !... Alors, ayez au moins la pudeur de vous taire et allez voir ailleurs. Je sais bien que la devise nationale des Français en matière de communication est : "Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"! Mais à défaut de pouvoir éviter d'être méprisables, essayez pour une fois de ne pas vous rendre trop ridicules.

      Que ce soit alors bien entendu. Dorénavant, vous ne pointerez votre nez dans nos affaires que si on vous siffle. Mais ne vous inquiétez pas, nous avons parfaitement assimilé l'essentiel du "teny baiko"et saurions nous en servir : La ferme ! Ta gueule ! Ici ! Couché ! Dehors !


Andriantefinanahary-Ratrimonimerina
-- Zazanavelan' ny Menalamba --


Ho anao, havana Merina sendra mamaky,

Amin'izao vanin'andro mangirifiry manokana izao, ireto misy daty vitsivitsy mendrika ny ho tsarohana:

  • 27 janoary 1897 :

    Nanome baiko ho an'ireo mpiandraikitra Vazaha rehetra napetrany tany anindrana i Gallieni, manambara toy izao : "Il faut expulser [de ces régions] l'ancienne race dominatrice, les Hovas". Nanomboka amin'ny fomba ofisialy ny "politique des races" mba hanapotehana tanteraka ny Firenena Merina.
  • 27 febroary 1897 :

    Nosamborin'ny Vazaha ny Andriamanjaka Ranavalona fahatelo dia nataony sesi-tany mandra-pahafatiny tany La Réunion, ary avy eo El Jazair (Algérie). Adin'ny efatra no hany mba nomena azy hanaovany ny entany ary tao anatin'ny aizin'ny sasak'alina no nandroahana azy, tsy navela akory nanao veloma tamin'ireo havany sy ny vahoakany. Hatramin'io fotoana io koa dia noesorina tsy ho eo ampelatanan'ny Merina intsony Anatirova.
  • 28 febroary 1897 :

    Nofoanan'ny Frantsay ny Fanjakana Merina. Io no andro voalohany hatramin'ny fahagolan-tany tsy nananan'ny Merina intsony mpitondra avy amin'ny fireneny manokana.
  • 9 martsa 1897 :

    Azon'ny Vazaha Mampidongy, tobin'i Rabozaka-Ramasoandromahamay. Nanomboka hatreo ny faharesen'ny Menalamba.
  • 14-15 martsa 1897 :

    Nofongarin'ny Vazaha ireo fasan'andriamanjaka tao Ambohimanga (Andrianampoinimerina, Ranavalona voalohany sy faharoa) dia nafindrany an-keriny nankao Anatirova, teo amban'ny fifehezany manokana. Avy eo dia nozimbazimbaina nafindra toerana toy izany koa ny fasan'ireo andriamanjaka hafa rehetra nilevina tao Anatirova, hatramin'ny andron'Andrianjaka.
  • 17 aprily 1897 :

    Nofoanan'ny Vazaha ny sata manokana mampiavaka ny Hova amin'ny Andriana, ny Merina amin'ny Mainty. Lasa "indigènes malgaches" avokoa ny mponin'ny Madagasikara monontolo eo imason'ny lalana frantsay.
  • 20 febroary 1898 :

    Voatery nilavo-lefona Rabozaka. Resy tokoa ny Menalamba. Ny lova masina navelany anefa dia mbola mitoetra hatrany mba ho fampaherezana ho an'ny taranaka Merina tsy manaiky mikoso-maso mandrakizay eo anatrehan'ny Faratay.

    Misaotra tompoko.

    Ratefy, terak'Imamo sy Imerina.


  • NOTES

    [*] "Réponse merina aux injures des Vazaha faratay" (Retour au texte)

    [50] Allusion au mariage politique de Napoléon Bonaparte avec Marie-Louise d'Autriche en 1810 dont l'exemple devait être familier à Hastie, agent britannique au service de Radama, ainsi surtout qu'à Robin, l'un de ses secrétaire qui, auparavant, avait lui-même servi dans les armées du belliqueux aventurier corse, devenu empereur des Français. (Retour au texte)

    [51] Les deux enfants que Rasalimo eût de Radama. (Retour au texte)

    [52] Robert Drury était une jeune matelot anglais, retenu prisonnier (et esclave!) durant une quinzaine d'années dans le sud-ouest de Madagascar au début du XVIIIe siècle. Il ressort du récit qu'il fit plus tard de ses mésaventures qu'à cette époque, l'appellation d'origine européenne "malagasy" servait aux habitants de la région de sobriquet que l'on donne aux plus insignifiants d'entre les indigènes (a nickname they give the meanest of the natives). En d'autres termes, ceux qu'ils devaient volontiers vendre aux traitants européens, lesquels étaient aussi, pour la plupart, des négriers. (Retour au texte)


      Sehatr'Imerina Ny eritreritrao...